Katarina Kudelova


Sculptrice - Plasticienne

Exposition ARTIVISME



«Je suis née le 26 avril 1977 en République Slovaque, d’une famille d’ingénieurs forestiers, métier des plus répandus dans ce pays de montagnes et de forêts. Dès toute petite je passais beaucoup de temps dans la nature. Mon travail plastique s’en inspire énormément. Il évoque ces paysages boisés tantôt grouillant de vie, tantôt silencieux, couverts de neige, image de la pureté et de l’émerveillement enfantin devant un monde si beau comme s’il venait d’un conte de fées.

La Slovaquie de mon enfance et de mon adolescence c’est aussi un pays renfermé sur lui-même. C’est peut-être déjà là que les thèmes de l’isolement et de la détresse omniprésents dans mes travaux ont pris racine.

Je suis arrivée en France pour rentrer à l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts d’Angers en 1996. Durant les cinq années d’études j’y ai développé un travail au départ essentiellement fondé sur les performances et qui met en scène l’Homme et la recherche constante de sa place dans la vie.

Sortie diplômée en 2001, je continue depuis activement mon travail plastique et participe régulièrement à de diverses manifestations d’art contemporain. Je vis et travaille à Ingrandes sur Loire.

Deux figures traversent conjointement tout mon travail : l’homme et l’animal. J’évoque leur histoire un peu personnelle, un peu impersonnelle. L’histoire profondément individuelle et si commune à tous.
En mettant en scène leur vie ou mort, il s’agit de parler des destinées aléatoires, des conditions improbables des existences, de la fragilité.
Je narre notre passage ici, entre la naissance et la mort, portant sur nos épaules le poids des choses imposées mais avides de liberté.
Je nous observe, en proie à nos doutes, nos peurs, nos obsessions, nos excès de colère. Prêts à devenir insensés pour se libérer de la fatalité et faire vivre à ce corps que l’on n’a pas choisi que ce qu’on décidera.
Je ne me limite pas à un média en particulier, bien qu’au travers la performance, la vidéo, la sculpture ou le dessin ce qui ressort régulièrement c’est la notion de l’action, réelle ou suggérée, tel un tronçon de vie prélevé dans le temps.»



« Art comme proteste, réaction, manifeste de refus.
Art comme libération. Un échappatoire à la fatalité.
Un terrain vierge où l’on choisi toute action, sans compromis. Art comme lutte.

La sélection d’œuvres regroupe le travail avec et autour du pétard.
Le pétard impose sa présence non seulement quand il est actionné mais aussi en état d’attente. Je produis des tableaux ou objets en accumulant ces explosifs pas vraiment dangereux pris à l’unité mais qui peuvent le devenir en grande quantité. Certains de ces objets subissent des explosions mais la mise à feu n’est pas systématique, je garde également intactes certaines sculptures-tensions. Pour celles- ci, l’explosion est suggérée par le matériau encore inactivé et la jouissance d’imaginer la scène est plus complète que devant les restes.

Le pétard intervient comme un motif, l’approche se veut d’abord esthétisante mais contient bien sûr une violence liée au matériau. Une violence envers son propre corps, ce corps que l’on n’a pas choisi et dont on souhaite se libérer comme d’une chose imposée. Mais aussi une violence envers autrui car elle devient une sorte de chantage, de parade pour attirer l’attention des autres sur soi. C’est l’image d’un être sous forte tension et qui peut « exploser » d’un moment à l’autre. Il est une menace en suspens pour lui et les autres. Prêt à tout pour se libérer. Avec une touche d’humour...» Katarina Kudelova


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