Cyril Le Van


Plasticien

Exposition FAUX SEMBLANTS


«“Les hommes naissent libres et égaux et c’est la dernière fois qu’ils le sont.“

Fils et petit-fils d’artistes, je commence le dessin et la peinture très jeune. Je me laisserai toutefois influencer quelques années plus tard par des artistes tels qu’entre autres Jean-Michel Basquiat, Keith Haring, Robert Rauschenberg pour la peinture, Ken Loach, Bertrand Tavernier, les frères Dardenne pour le cinéma. Dès la fin des années quatre-vingt, mon travail s’oriente vers l’espace urbain en reproduisant au pochoir des formes géométriques « rouge et jaune » qui deviendront ma signature.

Ayant grandi en banlieue parisienne, creuset de tous les contrastes, à l’architecture urbaine exacerbée, ma réflexion se nourrit, depuis plus de dix ans, de l’idée selon laquelle l’artiste ne doit pas chercher à magnifier le réel mais à questionner la violence des rapports entre la société et les personnes.

A partir de cela, la marginalité sociale, économique et culturelle voire l’exclusion sont mes territoires d’expérimentation.

Mon questionnement se matérialise par la reproduction de symboles tels que matelas de centres d’accueil pour sans-abris, distributeurs alimentaires comme lieu de restauration, Lavomatics comme lieu d’hygiène, Mc Donald’s Corporation comme travail précaire mais également le vêtement « siglé » comme marqueur social et identitaire d’une population en quête de repère  (« la marque » étant le sésame pour l’intégration sociale dans un groupe souhaité) et  le vêtement de seconde main, comme une solution économique pour l’habillement des plus démunis.

Ces symboles font l’objet d’installations, généralement à taille réelle, constituées de  sculptures composées de bâches imprimées (volumes photographiques réalisés à partir de modèles existants), assemblées par couture ou agrafage puis rembourrées de mousse polyuréthane.

Il existe deux niveaux de lectures de mes travaux, la première purement visuelle, volontairement esthétique en contradiction avec la violence du propos. L’objet est parfaitement reproduit, proche du réel que j’appelle le « ready made MADE ». Celui-ci ayant pour but de retenir l’attention du regardeur. L’idée étant d’inclure tout les publics pour ensuite aborder la seconde lecture, celle du questionnement :
« Qu’évoque (par exemple) une installation reproduisant huit machines d’un lavomatic à l’échelle 1 ? ».
« Qui sont ceux qui les utilisent et pourquoi ? ».Cette volonté d’accompagner le regardeur jusqu’au propos de l’artiste est un démarche sociale et volontaire : « je vois, je comprends, je m’intéresse, je dialogue ».

Parlez d’exclusion dans mon travail passe avant tout par la volonté de ne pas exclure : « boucler la boucle ».» 


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