Claudia Vialaret


Photographe Plasticienne

Exposition FAUX SEMBLANTS


Plasticienne de formation, agrégée d’art plastiques et passionnée d’histoire de l’art, Claudia Vialaret a enseigné dans des lycées de la banlieue parisienne tout en pratiquant la peinture à l’huile et le dessin.


En 2005, elle découvre la photographie numérique et en fait son médium, séduite par la richesse de ses possibilités techniques et sa souplesse. Depuis lors, connaissant de l’intérieur les deux pratiques, elle explore les liens entre la photographie et le peinture classique.
Elle soumet des oeuvres historiques à des manipulations numériques et plasticiennes: le froissement du papier photo, la projection d’images, les superpositions…


Claudia Vialaret développe ainsi différentes façons de transfigurer l’art classique pour créer son propre langage artistique.
Son travail est aujourd’hui exposé dans de nombreuses galeries en France et en Europe. Elle vit et travaille à Paris.


Doubles Portraits & Caravagesques

"Mes Doubles Portraits, comme mes Eléments Caravagesques, ont plus d’un faux semblant. De multiples façons, ils jouent avec les apparences et révèlent parfois d’autres vérités que celles qu’on imagine.

Un premier faux semblant est celui de la photographie. Contrairement aux idées reçues qui l’assimilent à une image du réel tel qu’il est, celle-ci joue avec la réalité, l’apparence et la ressemblance. Comme la peinture. Alliées à l’infographie, mes photographies se font justement passer pour des peintures, par leur format, leur représentation de la matière, la richesse de leurs couleurs. Et pourtant, elles n’en sont pas. Tout se passe comme si elles mentaient sur leur véritable nature artistique. Mais est-ce vraiment un mensonge ?

A côté de cette hybridation des genres, un deuxième faux semblant de mon travail est celui de la matérialité. En utilisant un processus simple de manipulation du support papier, que je froisse et sculpte à la main pour y introduire des reliefs qui seront aplatis lors de l’impression, mes photographies évoquent une fausse épaisseur. Comme les trompes l’œil baroques, elles jouent des tours au regard qui croit que ce qu’il voit, l’induisant en erreur dans une représentation tridimensionnelle. Ce faux-semblant-là est la troisième dimension imaginaire, ce fantôme que suggèrent les peintres depuis des siècles par la perspective qui introduit la profondeur dans l’illusion de l’art.

Mais un autre faux semblant hante enfin mes images. Les doubles portraits présentés ici montrent des visages humains dans toute l’intensité de leurs expressions, qui semblent permettre de lire leurs pensées secrètes comme sur un livre ouvert. Et pourtant, l’allure que nos sentiments font prendre à nos traits indique-t-elle toujours notre vérité intime ? Et si deux expressions se mêlaient en une, contradictoires, enlacées, déchirées, laquelle aurait le dernier mot ? L’expression des visages, loin de trahir l’âme, est peut-être comme le langage un déguisement qui la masque.

Faux semblant du genre, de la matière et de l’expression : voilà trois illusions propres à la photographie contemporaine sur lesquelles jouent mes images. Non contentes d’être des trompes l’œil, elles trompent aussi la raison." Claudia Vialaret

www.claudia-vialaret.com