Axelle Remeaud


Artiste Plasticienne

Exposition Collective L'ART A-T-IL TOUS LES DROITS?


Métonymiques


« Quel effet le désir imprime-t-il sur notre perception des objets? Cette question contemporaine, largement exploitée dans les mouvances du féminisme, de l’art corporel, de la photographie de l’« extime » ou de la sculpture biomorphique, trouve dans les propositions d’Axelle Remeaud l’occasion d’une synthèse esthétique, voire esthétisante. Ni renouvellement de la critique de l’aliénation sexuelle, ni grand discours sur l’émancipation, cette œuvre émergente neutralise les grands mots au profit des images. Avec Métonymiques, la référence à la littérature ne vise donc pas tant la parole poétique que l’imaginaire qu’il suscite à coup de déplacement, de déformation, de fragmentation, de travestissement et de métamorphose. Les œuvres d’Axelle Remeaud travaillent ces relations substitutives (la réduction du tout à la partie, du contenant au contenu, de l’artiste à l’oeuvre) pour exploiter au mieux la plasticité de notre visibilité libidinale : le fétichisme, le voyeurisme, l’exhibition, en un mot les modalités du fantasme, jusqu’à la plus sadique. [...] A travers des chignons montés en trophée, une assemblée de sculptures-poings ou des seins d’agrumes fixés dans du miel, Axelle Remeaud exploite, avec un réel souci du matériau, la créativité plasticienne de nos regards intimes.

La métonymie est un moyen d’atteindre un objet par un détour symbolique. Dans le travail d’Axelle Remeaud, ce détour prend une forme plastique, celle de matériaux appréciés pour leurs capacités métamorphiques : matières organiques (résine) et biologiques (végétales, animales), ou matériaux picturaux (du papier à l’image vidéo). [...]

Bien que nourri des réflexions sur le corps féminin (de Woolf à Foucault), ce travail interroge moins la sexualité comme fait social qu’en tant que medium à part entière, ressort d’une fantasmatique inépuisable. Assumant l’héritage des plasticiennes qui lui ont ouvert la voie (davantage Claude Cahun, Mireille Havet et Kiki Smith que Bourgeois et Messager), Axelle Remeaud travaille en femme émancipée, affranchie, parfois éhontée, avec les codes de son propre corps, sans complaisance, ni victimisation, cherchant peut-être à expérimenter ce que Lacan entend par jouissance, le sentiment doux-amer du réel, qui va « de la chatouille à l’immolation ».

Florian Gaité, mai 2013
Exposition «Métonymiques» au Point Ephémère - Juin 2013


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